Le voyage comme révélateur 

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Le voyage est un peu comme ce liquide utilisé pour développer les photos: il agit comme révélateur. Jour après jour et de situations en situations, il révèle les différentes teintes qui se logent dans les tréfonds de nous-même, il nous apprend à découvrir qui l’on est. Bien-entendu pour ceux qui veulent fuir les problèmes de leur vie, je crois que le voyage peut se révéler la pire des expériences. La route vient et revient à la charge sans cesse pour nous montrer nos limites et les parties infimes de notre être. Les événements vous amènent du rire aux larmes et des larmes au rire en parfois quelques heures. On se croit fort, on fait le coq et finalement on se rend compte que notre assurance ne tient qu’à un fil. Les difficultés lavent l’égo; elles l’avalent, le mâchent et le recrachent. Le lâcher prise est alors la meilleure arme contre le désarroi. Le moment présent s’intensifie et l’on expérimente ce qu’est de se sentir vivre, vibrer au son des émotions et des sensations.

Parfois la vie place sur notre chemin des obstacles. Nous avons le choix de lutter contre, de s’énerver, de s’épuiser ou alors d’en faire le tour, de les observer et finalement les accepter et les prendre comme amis, comme guide. C’est alors une autre forme de lutte qui réside dans le lâcher prise.

Pour moi, lors de ces trois mois à vélo, l’obstacle principal fut des douleurs dans les genoux. Chaque jour les souffrances étaient présentes et me rappelaient à quel point mon avenir était fragile et incertain. J’ai alors petit à petit appris à vivre dans le présent et à ne plus me projeter loin dans un futur qui pouvait changer d’une minute à l’autre. Les jours eux passaient et les douleurs étaient toujours présentes, parfois de plus en plus fortes. J’ai alors apprivoisé l’idée d’un changement de direction, d’un éventuel retour anticipé. Retour oui, mais pour faire quoi ? Après des mois de préparation et des années de rêve pour ce voyage, il était pour moi impossible de concevoir cette option. Et cette peur de décevoir les gens qui ont cru en moi. Et l’égo ? Sacré coup pour l’égo ! Belle leçon d’humilité.

C’était finalement pour cela que j’étais parti. De l’aventure, des situations inattendues, découvrir le monde et apprendre à connaitre des parties de moi-même cachées et enfouies jusqu’alors dans une vie routinière. Aujourd’hui, les douleurs ont eu raison de moi et je dois rentrer pour me soigner urgemment. Le monde lui, sera toujours là pour que je vienne le rencontrer, il m’attend et garde ses bras grand ouvert.

Trois mois sur la route, 3000 kilomètres, des rencontres merveilleuses, de la pluie, du soleil, des larmes et des sourires. Tellement de sourires ! Ce retour, j’ai dû apprendre à le préparer. Ne pas revenir et retrouver cette vie que j’avais laissée. Cette vie de doute et d’habitudes, cette vie où je me satisfaisais trop vite. J’ai vécu trop intensément ces derniers mois pour accepter que cela s’arrête si brutalement. Alors pour l’heure, je veux profiter de la flamme que la route m’a transmise. Cultiver les situations nouvelles, aller rencontrer de nouvelles personnes, prendre les engagements qui jusqu’à présent m’avait toujours apeuré et que je remettais joyeusement au lendemain. C’est un autre voyage qui commence. Un voyage sédentaire dans lequel la difficulté réside dans l’habitude et la routine.

Et pour la suite ? Je ne sais pas et c’est bien comme ça !

Tim

2 thoughts on “Le voyage comme révélateur 

  1. Belle leçon.. merci. je te souhaite un bon rétablissement, si le voyage de la vie t’amène à Zurich ma porte est ouverte.

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